Dauphin dans la baie : stop aux idées reçues

 Installé dans la baie depuis octobre 2025, le dauphin est devenu une véritable attraction locale. Fascinant, inattendu, attachant… mais aussi victime de comportements qui le sont beaucoup moins. Sauts sur son dos, tentatives d’accroche à son aileron, poursuites en paddle, jet-ski ou bateaux, attroupements insistants : certains semblent avoir oublié qu’il ne s’agit ni d’un spectacle, ni d’un animal domestique.

Face à ces dérives, la ville de Saint-Jean-de-Luz n’a pas attendu pour agir. Dès les premiers signalements fin 2025, la Mairie s’est coordonnée avec les services de l’Etat et les structures scientifiques, même si certaines actions ont pu sembler peu visibles du grand public. Ensuite, une série de mesures concrètes a été mise en place : sensibilisation du public, relais dans la presse et sur les réseaux sociaux, installation de panneaux d’information, présence régulière des agents de police municipale et adoption d’un arrêté municipal le 2 avril 2026 pour renforcer l’application de la réglementation nationale. De plus, la Ville a coordonné les sollicitations d’intervention de tous les services de l’Etat agréés pour faire respecter le Code de l’environnement.

Car la loi est claire. L’arrêté ministériel du 1er juillet 2011 interdit toute perturbation intentionnelle des cétacés, toute approche à moins de 100 mètres dans les zones protégées, ainsi que toute poursuite ou harcèlement. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à 750 € d’amende pour les particuliers et 3 500 € pour les personnes morales. Et ces règles ne sont pas théoriques : plusieurs rappels à la loi ont déjà été effectués, un véhicule nautique à moteur a été verbalisé, et son propriétaire devra répondre de ses actes en audition devant la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM).

Sur le terrain, la mobilisation est bien réelle. La Gendarmerie maritime, la DDTM, le Centre d’Appui au Contrôlé de l’Environnement Marin (CACEM) et l’Office français de la biodiversité interviennent régulièrement, que ce soit pour prévenir, informer ou sanctionner si nécessaire, en lien avec la police municipale présente sur le terrain.

Les pratiquants d’activités nautiques ont été sensibilisés par la ville, les clubs, les professionnels de loisirs nautiques, les professionnels de la pêche et un suivi attentif de l’animal est assuré pour veiller à son état de santé et à son comportement.

La réalité est plus simple : les dispositifs existent, les règles sont connues, et les moyens sont mobilisés. Ce qui fait encore défaut, parfois, ce n’est pas l’action publique, mais le respect individuel et une vraie prise de conscience.

La ville rappelle que ce dauphin est un animal sauvage, protégé, dont la tranquillité conditionne directement son bien-être et sa survie. Son observation est un privilège, pas un droit à l’interaction.

L’émotion qu’il suscite est légitime. Mais la meilleure preuve d’intérêt reste encore de savoir garder ses distances.