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L'histoire des quartiers

Quartier de la Barre

L'histoire de Saint-Jean-de-Luz, c'est en gande partie l'histoire de ses quartiers qui en fonction de leur situation ont connu des vies bien différentes. Pierrette Bruyeres, férue d'histoire locale nous conte le singulier des tin du quartier de la barre plus connu sous le nom de "quartier disparu".

Le plan cadastral parcellaire de la commune de Saint-Jean-de-Luz "terminé sur le terrain le 18 avril 1831", conservé à la bibliothèque municipale, permet de se rendre compte des transformations de la cité du début du XIXe siècle à nos jours. En 1831, cernée par les marais auxquels elle devait son nom, Donibane Lohitzun possédait encore, en bordure de l'océan, un quartier dit "quartier de la Barre".

La mer dévastatrice

Ce quartier avait été un des plus importants de la ville. Mais les tempêtes hivernales et équinoxiales avaient progressivement érodé le banc de roches sous-marines et la grande dune de sable qui protégeait la plage ; les lames océanes avaient déferlé sur le quartier endommageant et détruisant les maisons.

En 1675, le bayle et les jurats décidèrent de dédommager le sieur Esteben de Haurgues dont la maison sapée par les vagues avait dû être rasée quelques années auparavant. C'est la première délibération d'édiles luziens mentionnant les ravages de la mer ; désormais rares seront les années où cette calamité ne sera pas déplorée.

En 1686, le Maréchal de Vauban, de passage à Saint-Jean-de-Luz "conçut" pour protéger la ville, "le plan d'une rade grandiose". Trop onéreux, ce plan fut abandonné.

En 1707, pour remplacer la dune de sable, la construction d'un mur de garantie, sur la plage elle-même, fut décidée. Les luziens vécurent pendant quelques années à l'abri des fureurs de l'océan, mas pas des inondations qui, après 1730 devinrent annuelles : sable et galets obstruaient le chenal et les bateaux étaient bloqués dans le port.

En janvier 1749, le mur céda : 7 maisons et des enclos jardins furent détruits, 180 maisons endommagées. Mais comme au début du siècle, le mauvais état des finances ne permit que des demi-mesures, exhaussement du mur, prolongation des jetées du chenal. Au printemps de 1782, "un ouragan terrible" balaya estocades et digues ; l'océan submerge deux rues, démolit 40 maisons, le couvent des Ursulines construit en 1639 et plusieurs puits. (L'un deux est encore marqué, à quelques mètres du rivage, sur le plan cadastral de 1831 ; il fut visible jusqu'en 1860).
Pour sauver la ville, (il n'était plus seulement question du quartier), on commença de mettre à exécution le projet de Vauban, mais les travaux furent arrêtés sous la Révolution.

Une Tempête de 8 jours

Ils reprirent en 1819... En 1822 cette tempête qui dura huit jours fit, dans "le gigantesque rempart", une ouverture de 107 mètres. En 1827, à peine réparé, le seuil de garantie subit à nouveau la fureur des lames.
Les luziens inquiets voyaient l'océan avaner inéxorablement, en moyenne de 1m à 1m10 par an depuis 1735 dans la direction de la ville, "de plus en plus menacée d'une destruction inévitable". En 1828 le maire Joachim Labrouche créa "une commission chargée de surveiller les dégâts de la mer", et d'établir un nouveau projet de travaux. A cette époque, malgré les violences répétées de l'océan, le quartier de la Barre comprenait encore de nombreuses maisons. Mais la plupart des habitations, situées au nord de la principale rue, la rue Serpente, étaient vétustes. Elles seront démolies quelques années plus tard pour la construction du nouveau mur de garantie. Avec elles, disparaitront les rues aux noms pittoresques qui les desservaient : les rues de la Cagotte, du Caquet, des Cyclopes. D'autres rues, les rues Montante (rue de la République), Neuve (rue Tourasse), de la Belette seront interrompues. Parallèles à la rue Serpente (une partie de l'actuelle promenade Jacques Thibault), les rues de la Barre, du vieux chantier et de Mars (rue Mazarin) débouchaient sur la place de la Tour d'Auvergne. Seule la partie Sud-Ouest du quartier existe encore de nos jours.

Les luziens en appellent à l'Etat

Joachim Labrouche profita de ses nombreux séjours à Paris et de ses relations pour obtenir une subvention importante du gouvernement de Louis Philippe. De 1836 à 1840 l'ingénieur Viennois fut chargé d'ériger le nouveau seuil de garantie toujours en place.

L'océan se vengea en attaquant le quartier de l'hôpital, menaçant le chemin qui conduisait à l'établissement des bains de mer.

Le nouveau maire Gratien Goyenetche profita de la visite de Napoléon III en 1854 pour le supplier de "mettre la ville à l'abri des atteintes de l'océan". La situation était alarmante : le quai de Sainte Barbe était détruit, la côte affouillée par les lames de fond baissait, le talus des dunes disparaissait, la ligne des brisants avait gagné plus de 15 mètres.

En 1856, le coupke-impérial fut à nouveau reçu à la mairie. Maire et conseillers sollicitèrent des crédits pour la continnuation du seuil de garantie de la rue du Centre (rue Garat) jusqu'au chemin des bains de mer (boulevard Thiers) et pour la création d'un port qui protègerait la ville des envahissements de l'océan et lui redonnerait sa prospérité et les armements qui furent sa gloire et sa richesse.

Comme en 1854, l'empereur visita la baie, examina la rade. Il revint en 1859. Il fallut attendre 1862 pour recevoir une subvention du Ministère des Travaux. En 1863, un décret impérial ordonna la construction de la digue de Socoa, un autre en 1867, autorisa les travaux du môle de l'Artha.

Dès 1865, la Municipalité avait adressé à l'Empereur les plus vifs remerciements des luziens, persuadés que la décision du souverain allait sauver la ville de la destruction totale. Depuis 1735 "la moitié des maisons et des édifices avaient disparus  dans l'âbime". La chute de l'Empire n'arrêta pas la fermeture de la rade, ni de prolongement du seuil de garantie le long du boulevard Thiers.

 

Sources : Archives municipales, Eugène Goyetche : "Saint-Jean-de-Luz historique et pittoresque" 2e édition 1991, Guy Lalanne : Saint-Jean-de-Luz , tome 1 "Le quartier disparu", 1992 Pierrette Bruyères "Saint-Jean-de-Luz, tome 2 (la disparition des marais) 1994.

Quartier Errepira

A la fin du XIXe siècle, s'étendait encore, au-delà de la voie ferrée, entre la route d'Ascain et la rive droite de la Nivelle, une zone marécageuse appelée ERREPIRA '"plaine, souvent inondable, au bord d'une rivière).

L'abattoir d'Errepira

En 1868, au moment de commencer les travaux du quartier de la gare, l'abattoir qui se trouvait trop près du centre ville avait été reconstruit après le passage à niveau, dans un endroit "éloigné de toute habitation".
Dès 1906 son déplacement fut envisagé. Plus "tuerie" qu'abattoir, il avait surtout l'inconvénient d'être situé "au voisinage du chemin d'Ascain, promenade fréquentée par les baigneurs".
Le projet de l'implanter dans l'ancien parc à huitres fut vite abandonné à caus ed ela proximité de la gare.
Il fallut attendre 1931 pour trouver un emplacement pour l'abattoir et le foirail : les terrains de l'usine Béziers, fermée depuis quinze mois. Considérant "la transformation de l'usine Béziers en foirail et abattoir aux mieux des intérêts de la ville dans une zone industrielle", la municipalité l'acheta malgré les protestations du syndicat des marins et du syndicat des armateurs de chaloupes à vapeur de pêche qui déploraient la disparition de cette usine de poissons, spécialisée dans la conserve de la sardine.
Le premier marché se tint sur le foirail le 30 décembre 1932. L'abattoir fut mis en service le 1er janvier 1939.
Fermé trente ans plus tard lors de la mise en service de l'abattoir d'Anglet, il fut réaménagé pour y installer les ateliers municipaux.

Le quartier Fargeot

Dès le début du XXe siècle, Maître Fargeot avait commencé à aménager les terrains qu'il possédait à ERREPIRA.
Les édiles municipaux avaient vu avec plaisir disparaître le marécage, en bordure de la voie ferrée, à l'entrée de la ville et s'ériger un quartier "qui ne grevait ses finances d'aucune façon", et où commençaient à s'installer des usines de conserves de poissons.
En 1917, ils avaient accepté l'échange de terrains demandés par Maître Fargeot pour lui permettre de faire un lotissement régulier.
En 1922, la ville assura gratuitement la pose de la canalisation d'eau dans les rues "larges, rectilignes et répondant à un plan d'ensemble agréable" du nouveau lotissement.
Le 1er mars 1924, la brigade de gendarmerie, logée à Ciboure depuis 1921 se réinstalla à Saint-Jean-de-Luz dans une maison appartenant à la famille Fargeot, en bordure de la route d'Ascain qui deviendra quelques années plus tard la rue Axular.
Les onze rues du quartier furent incorporées à la voie urbaine le 14 novembre 1930. Seules cinq rues gardent encore leur première appellation : celles des Erables, de la Gabarre, de la Rhune, des Ormeaux et des Maronniers.
Les rues qui bordeaient les usines, (qui ont fermé les unes après les autres), le foirail et l'abattoir portent les noms plus célèbres de Philippe Veyrin, François Bibal, Docteur Goyenetche ou de René Choquet.
Lorsqu'en 1974 les gendarmes quittèrent le n°4 de la rue Axular, la rue de la gendarmerie devint le rue Fargeot.

Les inondations de 1930 à 1960

En 1931 et 1933, au moment des fortes marrées, des inondations ravagèrent ERREPIRA et les terrains voisins appartenant à la Société Immobilière de Nivelle.
Avec l'aide de cette société et de l'association syndicale des propriétaires, la ville fit construire une digue par les chômeurs résidant à Saint-Jean-de-Luz depuis au moins un an.
Les frères Fargeot profitèrent de cette construction pour demander la création d'un sous lotissement à vocation industrielle avec des "habitations ouvrières".
Mais le quartier, de dix hectares environ construit sur des terrains en centre-bas de plus de deux mètres par rapport au niveau des plus hautes marées continua à être inondé.
Pour éviter les désagréments et les dégâts de ces crues périodiques et pallier à l'insuffisance de l'égoutunitaire aboutissant à la Nivelle, la municipalité fit établir un déversoir d'orage en 1948.
La situation continua à s'aggraver à cause des procédés utilisés par les huits usines pour la conserve du thon. Les usiniers acceptèrent de faire construire une fosse de décantation en 1955.
Dès 1957 les fortes marées d'équinoxe et pluies d'octobre démontrèrent l'inefficacité de cette fosse.
Fin septembre 1958, l'eau et les immondices envahirent les maisons. Les 24 et 25 septembre 1959, une très forte crue submergea le quartier.
Le conseil municipal ouvrit un crédit exceptionnel pour aider les familles sinistrées et commencer les travaux d'urgence : nettoyage du réservoir d'orage, refonte du système des égous, réfection de la digue.
Cette inondation fit hâter l'endigage des terrains de la Nivelle et la création d'un nouveau quartier prévu depuis 1953.

Sources : archives municipales

Quartier Erromardie

A vocation agricole cette partie nord de la commune connut un début d'urbanisation dans la première moitié du siècle puis elle se transforma en quartiers résidentiels et en zone de campings et d'hôtellerie de plein air.
Au début du siècle et surtout après la guerre, l'extraction des pierres avait augmenté et sans doute aussi l'érosion. Il y eut de nombreux éboulements de falaises dont s'inquiétaient dès 1912 les propriétaires riverains.

Prolongement du "Quartier de l'hôpital", du lotissement "Euskara" les constructions gagnèrent le chemin vicinal n° 3, route principale du "Quartier suburbain d'Erromardy", d'une cinquantaine d'hectares, bordé à l'ouest par la plage du même nom.
Cette voie, désignée sous le nom de "Chemin d'Erromardie", était  utilisée par les bouviers qui allaient chercher du sable et des graviers et extraire des pierres dans les falaises domaniales. En 1927 les dégradations causées par le passage incessant des charrois, "de 150 à 200 passages par jour", étaient si importantes que la municipalité envisagea d'instaurer une taxe de transport payable au bureau de l'octroi sis au débouché du chemin, route de Bayonne. Elle servirait à l'entretien du chemin qu'empruntaient aussi depuis 1925 les gens du voisinage pour aller prendre le tramway de la côte reliant Bayonne à Hendaye par Guéthary, à la gare des "Voies ferrées du Midi" construite en 1924 près de la plage. Peu rentable, ce tramway ne fonctionna qu'une dizaine d'années. Seul témoin de cette époque reste "Gare d'Erromardie", achetée par la commune en 1981.

"Lotissement d'Etchebiague" : morcellement d'un vieux domaine et projet avorté.

Il était déjà fait mention de "la maison d'Echaviague" en 1509 dans le livre terrier de la Communauté de Saitn Jean de Luz concernant la justice criminelle cédée à la Communauté par le Chapitre de Bayonne.
Le sieur d'Etchebiague possédait la moitié des terres d'Acotz et aussi pour moiti le "moulin de Romardy" bâti sur ses terres.
L'autre moitié appartenait pour un quart aux bourgeois de la ville et pour l'autre quart au paysans d'Acotz. Le moulin devint très tôt la propriété à part entière des maitres d'Etchebiague, les d'Olabaratz dont neuf membres furent bayles de Saint Jean de Luz de 1652 à 1757, et qui conservèrent le domaine pendant 300 ans, jusqu'en 1839.
Sous le Second Empire le propriétaire était Dominique Dathané, maire de 1855 à 1869, et ami de Napoléon III qu'il recevait au "Château d'Etchebiague". Son neveu revendit le domaine à un rentier parisien, M.Lemaire. L'héritière de celui-ci décida de lotir une quinzaine d'hectares en 1924.
Avec sa végétation de pins, de tamaris et d'aulnes, à proximité d'une des plus belles plages de la Côte Basque, la butte d'Etchebiague était l'endroit idéal pour l'implantation d'un quartier résidenciel.
Les promoteurs espéraient y attirer quelques personnalités, à l'instar de l'écrivain Claude Farrère qui, en 1926, s'était fait aménager une villa dans la pinède.
Dès 1925 le moulin d'Erromardie transformé en maison d'habitation avait été acheté par M.Poylo. Peu de lots furent vendus et, en 1932, la "bonne affaire" fini mal par défaut de trésorerie.
Malgré saproximité de la ville et pour quelques années encore Erromardie resta un quartier dont la majorité des habitants étaient des agiculteurs.

Quartier de la route de Bayonne

Au début du siècle, la ville s'agrandit vers le nord, en direction d'Erromardie et du hameau rural d'Acotz.

En 1912, après avoir envisagé de construire l'hôpital "sur la colline à côté de Saint Joseph", les édiles municipaux décidèrent d'implanter cet établissement dans un lieu "un peu plus éloigné de la ville", mais plus facile d'accés, entre la route nationale 10 et la voie du chemin de fer, sur un terrain communal "contenant une fontaine, un lavoir et un abreuvoir".
Cette décision hâta la progression de l'urbanisation des terrains, sis le long et de part et d'autre de la route de Bayonne (avenue André Ithurralde), commencée à la fin du XIXe siècle avec le lotissement de la vaste propriété du Colonel Harriet, à la sortie de la ville.
La guerre empêcha la réalisation immédiate du projet.
Après la guerre, le coût de la construction avait triplé.
Messieurs Lablanc et Deval, promoteurs, qui devaient payer la moitié de la dépense, "qui ne serait pas subventionnée par le Pari-Mutuel", essayèrent de faire minimiser leur participation.
En 1927, ils acceptèrent, contraints et forcés, d'honorer leur engagement. Le vieil hôpital, devenu une véritable verrue à côté du luxueux établissement de bains qu'ils venaient de faire construire, ne pouvait être démoli, d'après le contrat signé n 1912, tant que le nouveau ne serait pas édifié.
Et par conséquent, ils ne pouvaient rentrer en possession du terrain dont la valeur avait beaucoup augmenté.
L'hôpital-hospice de la route Bayonne accueillit ses premiers malades et pensionnaires le 30 septembre 1928.
Plusieurs propriétaires et quelques promoteurs n'avaient pas attendu pour déposer des demandes de lotissements.
La municipalité, préoccupée par l'expansion démographique dans la Commune qui comptait plus de 5000 habitants les avait toutes agréées sans difficultés.
L'éloignement relatif du centre ville n'empêcha pas le développement du nouveau quartier, surtout après 1950. Avec la création de deux petits centres commerciaux, l'ouverture d'une pharmacie, et, en 1960, la construction du jaï-alaï, où chaque été, les parties de cesta-punta attirent de nombreux spectateurs, il est devenu un quartier commerçant et très animé.
En 1976, un complexe hospitalier moderne fut installé à "Dagien Baïta ", et un centre de gérontologie aménagé sur le terrain derrière l'hôpital-hospice qui fut désaffecté.
Délabré et dangereux, le bâtiment fut démoli en 1991.
Le quartier a perdu, avec son hôpital, l'appellation sous laquelle les luziens avaient l'habitude de le désigner.
Mais ses rues continuent de porter les noms d'anciennes fermes et maisons, "Sansu", "Chanienia" ou de leurs propriétaires : "Dupont", l'un des premiers à faire une demande de lotissement, "Recalde", auquel la commune acheta un terrain pour la construction de l'hôpital.
L'une des rues s'appelle 'rue Euskarra", comme le lotissement créé en 1926 par le promoteur Veillon, sans doute désireux de complaire aux édiles luziens de l'époque, qui préparaient un projet d'extension et d'embellissement de la ville, où ils mentionnaient leur désir de "conserver le caractère de notre région en encourageant le style basque".

Pierrette Bruyères

Quartier Urdazuri

L'assèchement des marais réalisé au début des années soixante donne naissance au quartier Urdazuri.

Afin d'éviter les inondations que le quartier Errepira subissait périodiquement, la municipalité avait envisagé la création d'une nouvelle zone d'habitation sur les terrains marécageux qui s'étendaient encore, après la voie ferrée, le long de la Nivelle.
D'abord désigné sous le nom de "lotissement d ela Nivelle", le nouveau quartier fut appelé "Urdazuri", nom basque de la Nivelle signifiant eau limpide venue d'Urdax.

Dès 1924, la ville avait confié à la Société Immobilière de la Nivelle, propriétaire d'une grande partie du marécage, la concession à charge d'endigage d'une partie des marais.
Mais en 1949, les travaux n'étant toujours par entamés, la commune décida de reprendre à son compte la réalisation du projet et obtint, en 1955, la concession des terrains.
L'étude du futur lotissement d'environ 28 hectares fut alors confiée à l'architecte M.Darroquy.
Le remblaiement du marécage de plus de 6 hectares en bordure de la voie ferrée commença mais le projet Darroquy fut rejeté par le Ministère de la Reconstruction et du Logement.

La municipalité dirigée par Alfred Pose, se mit alors à la recherche de sociétés privées qui seraient intéressées par l'aménagement Urbain de Saint-Jean-de-Luz.
"Tous les groupements et sociétés de la cité" étaient invités à participer au capital de la SEMAULUZ, dont le P.D.G. était son fondateur, le maire Pierre Larramendy.
Chargée de tous les achats et régularisation de terrains, de tous les travaux d'endigage, de remblaiement et d'urbanisation, des ventes et locations, la SEMAULUZ devait réaliser le quartier Urdazuri dans un délai de six ans.
Le plan d'aménagement fut adopté en février 1963 malgré les critiques de quelques conseillers qui déploraient "les voies tortueuses qui font penser à des labyrinthes", l'absence de "place centrale attractive" qui ne favoriserait pas le commerce, "la formation en grappes des villas" et le grand nombre de logements prévus.

En octobre 1963, le préfet déclara d'utilité publique la création de la zone d'habitation au quartier Urdazuri.
"L'opération Urdazuri" connut un vif suucès.
Plusieurs sociétés immobilières intéressées par l'urbanisation du quartier postulèrent pour des cessions de terrains dès leur mise en viabilité. Les demandes des Luziens désirant s'installer dans les logements neufs étaient nombreuses.
Pour satisfaire celles des foyers modestes, 309 logements furent prévus, dès 1966, dans la section dite "Axular".
Afin de hâter l'aménagement de ce "secteur Axular" la ville consentit une avance à la SEMAULUZ. Malgré les nombreuses ventes de terrains, les rentrées de fonds irrégulières ne compensaient pas les frais engagés pour la construction des 1800 mètres de digues et le remblaiement de 300 000 m3 de marécage.
En 1968, le premier groupe d'immeubles était livré par l'office public des H.L.M. de Bayonne. D'autres allaient suivre.
En 1962, la ville avait réservé l'un des premiers terrains remblayés pour y implanter le lycée.
La cité scolaire accueillit ses premiers élèves à la rentrée d'octobre 1969.
L'école maternelle, construite sur un terrain voisin, à côté du bâtiment E.D.F-G.D.F, fut terminée au printemps de 1970.
Les délais fixés à la SEMAULUZ étaient tenus.

L'urbanisation était suffisamment avancée pour permettre, le 11 juuillet 1970, l'inauguration "d'Urdazuri", "sorti des eaux et des marais" par le Premier Ministre, Jacques Chaban Delmas, nommé, ce jour-là, citoyen d'honneur de la ville.
En 1971, la municipalité Ithurralde prit le relais, après l'adoption d'un nouveau plan d'occupation des sols.
En 1972, le premier supermarché s'installa dans le quartier qui eut sa chapelle en 1973.
La ville acheta à la SEMAULUZ un terrain pour l'implantation d'un groupe scolaire de 12 classes et un autre pour la construction d'une caserne de gendarmerie.
"Belle réalisation d'ensemble", le quartier "Urdazuri" était "la dernnière victoire de l'homme sur la nature", sur ces marais qui avaient donné leur nom à la cité.

Source : archives municipales