À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, consacrées cette année au « Patrimoine en danger », la Ville de Saint-Jean-de-Luz présente le travail photographique de Guillaume Fauveau. Du 11 septembre au 18 octobre, à la Rotonde, ses images racontent un littoral basque en transformation et la fragilité d’un paysage que l’on croit immuable.
La mer semble immuable. À Saint-Jean-de-Luz, on la regarde chaque jour, depuis la plage, les falaises, les quais ou le chemin du littoral. Pourtant, sous nos yeux, le paysage change. Une falaise recule, une plage se transforme, un ouvrage se fissure. Lentement, parfois presque imperceptiblement, le trait de côte se déplace.
Avec « Ce que la mer reprend – Itsasoari begira », le photographe basque Guillaume Fauveau regarde ce littoral en mouvement. Ses images montrent les paysages, mais aussi ce que les hommes y ont construit, les usages qu’ils en font et les traces laissées par les transformations en cours. Il y a la beauté du bord de mer, bien sûr, mais aussi quelque chose de plus fragile, comme si chaque photographie gardait la mémoire d’un paysage dont on ne sait pas encore à quoi il ressemblera demain.
Pour raconter cette fragilité, le photographe fait subir à ses images une forme d’érosion. Il travaille en argentique et intervient directement sur les négatifs, avec de l’eau chaude, salée et acidifiée. Les films se dégradent, les couleurs se déplacent, les rouges et les orangés gagnent les paysages. L’image devient à son tour un territoire soumis aux mêmes forces que celui qu’elle représente.
Cette matière photographique donne au projet une dimension presque physique. On ne regarde plus seulement un littoral qui se transforme : on regarde une image qui se transforme elle aussi.
Né à Bayonne en 1982, Guillaume Fauveau travaille depuis 2019 comme photojournaliste pour la presse du Pays Basque Nord et collabore régulièrement avec Libération, Reporterre ou We Demain. Ses projets s’intéressent aux réalités humaines et sociales, avec une photographie à la fois documentaire et sensible. Son travail sur le centre d’accueil des migrants Pausa, à Bayonne, comme ses portraits pour la presse, témoigne de cette attention aux personnes et aux territoires.
À la Rotonde, ses photographies invitent ainsi à prendre le temps de regarder. Regarder ce qui est là, ce qui change et peut-être aussi ce qui disparaît. Car la mer ne cesse pas de dessiner le paysage. Et, parfois, elle en reprend une part.
Pratique
Exposition gratuite, organisée par la ville de Saint-Jean-de-Luz à découvrir du 11 septembre au 18 octobre 2026, à la Rotonde.
> Place Maurice Ravel – Saint-Jean-de-Luz
> Du mercredi au dimanche : de 14h30 à 19h
> Samedi : de 10h à 12h30 et de 14h30 à 19h
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine – « Patrimoine en danger »

